OH MY POINT ROSE- IRONMAN 70.3 AIX- 1/5/16

La saison de triathlon démarre fort car au programme du 1er mai déjà un format half pour voir le fruit des efforts hivernaux. Et la destination choisie : le Sud, la ville d’Aix en Provence, ses calissons, ses fontaines, ses oliviers et sa Montagne Sainte Victoire. 

Immortalisée sous toutes les coutures par Cézanne, elle s’offre en point de mire depuis tous les horizons et nous révèlent à travers ses différentes strates géologiques toutes les périodes de l’histoire.

Elle sera notre repère notamment pendant l’épreuve de vélo.

 

Cette aventure sera également placée sous le signe du Point Rose que j’aime soutenir depuis le Raid des Alizés. Littéralement émue et subjuguée par la force d’une maman- Nathalie Paoli-qui depuis la mort de sa petite Carla ne cesse de penser aux autres parents, aux autres enfants, aux autres tout simplement. Cette énergie se transmet et s’adapte notamment aux valeurs du sport.

 

Qui y a-t-il de plus motivant que de penser au combat contre la maladie et la souffrance ?

 

Et de voir la vie en rose ? 

Le voyage vers le Sud fût mouvementé et on pouvait se demander si j’allais parvenir à destination et réussir à prendre le départ. Était-ce un signe que ce triathlon serait tronqué, amputé de ce qui fait qu’on aime cette discipline du triple effort ?

 

Bref, rien ne m’arrête car lorsqu’on est passionné, on parvient toujours à trouver une solution. Donc même un pneu éclaté, ni même une voiture immobilisée dans un garage n’ont eu raison de ma persévérance à vouloir rejoindre Aix. Et ça a marché ! J’ai certes fini le trajet dans une Ford fiesta mais celle-ci nous a amené à l’autre bout de la France. Et vous savez bien qu’un triathlète qui voyage, ne voyage pas sans tout son matos : nous avions 2 vélos, 3 paires de roues et plein de sacs ! Car je tiens à garder le chic en dehors de la course et il me faut ma panoplie de robe et de chaussures. Ce qui me vaudra la remarque au retrait des dossards :  «  Ah merci pour votre féminité ! » Je prends !

 

Partis depuis le mercredi, nous avons atteint une charmante chambre d’hôtes à Cabries le jeudi soir avec l’envie irrépressible de pauser enfin tout ce barda. Chris, une amie de Nathalie Paoli (Le Point Rose) nous a accueillis avec plein de douceur et l’accent chantant. Autour de nous, rien, des champs, une mare, des petits poissons, un chat.

 

Une fois régénérés, je ne pensais même plus à notre petit incident mécanique. Maintenant place à l’ultime défi, ce pourquoi j’aurai déplacé des montagnes.

 

La journée du vendredi était placée sous le signe de la préparation : retrait des dossards, village expo et surtout reconnaissance du parcours vélo, le gros morceau ! François, mon mari avait déjà imprimé l’itinéraire et établi un programme détaillé de tout le week-end. En effet, même s’il faut profiter du cadre et être en dilettante sur le village expo, un minimum de rigueur dans la gestion de l’emploi du temps est à prendre en compte.

 

Dossard check, direction le Lac de Peyrolles, le point de départ du triathlon. On repère l’entrée, la zone de transition qui est longue, très longue et le parc à vélo. On profite pour aller faire un petit plouf revigorant. 

Et hop, on enchaîne avec le parcours vélo. On le reconnaît en voiture et il est convenu que je fasse les descentes à vélo pour aborder leur côté technique et ainsi connaître les trajectoires. François quant à lui fait la montée du col, normal il ne fait pas la course le lendemain. Du coup, moi je le suis derrière en voiture et ça me paraît assez impressionnant…euh c’était une bonne idée de voir le parcours ? Verdict : il essaie de me rassurer en me disant que ça se monte bien.

 

En revanche, je me dis que nous avons beaucoup de chance car le panorama et à couper le souffle et cette montée vaut le détour. La lumière dans les plis de la Montagne Sainte Victoire est joueuse et à chaque virage différente, tantôt rougeoyante avec les terres d’ocre qui se reflètent, tantôt éclatante de blanc laissant deviner qu’on arrive eau paradis et tantôt bleutée et plus froide nous rappelant sa majesté. Je comprends pourquoi les peintres et en particulier Cézanne ont été séduits par ces paysages qui évoluent avec la lumière du jour.

 

Le temps de la rêverie ne doit pas faire oublier qu’il y a des préparatifs à mettre en œuvre afin d’être opérationnelle. On rejoint d’ailleurs la maisonnée (la maison que nous avons loué pour l’évènement) et avec elle la joyeuse tribu de triathlètes.

Et de quoi parle un groupe de triathlètes ? De ses craintes, de ses excitations pour dimanche, de son matos, de la tenue et d’autres choses plus prosaïques qui font moins rêver que la poésie de la Montagne Sainte Victoire.

Avec Gui Fav et Franck Lolo

Le samedi c’est la journée de préparation du matos. C’est surtout qu’il fait aller déposer les vélos au Lac de Peyrolles avec le sac dédié au vélo, puis retourner sur Aix pour y mettre son sac avec les affaires des course à pied. Une fois ces étapes incontournables réalisées, je suis tranquille et je peux flâner un peu à Aix…et boire un chocolat chaud. En effet, les températures ont baissé et il pleut même. Mais c’est quoi ce Sud ? Serait-ce pire que ma Normandie ? Je rejoins Isabelle, miss Frogita qui se prépare elle aussi à demain avec un peu de stress aussi mais c’est bon le stress !


Et puis le temps de rencontrer Nathalie arrive ! Je la vois sur le stand du Point Rose toute emmitouflée avec son large sourire qui dégage tellement de douceur et de de bonhommie qu’on aurait envie de la prendre dans ses bras directement. Tout de suite, on se reconnait et je lis dans ses yeux beaucoup de choses. Son parcours et son combat sont une formidable leçon de vie. Donc c’est sûr, je n’abandonnerai pas demain. Armée de la petite boule rose à mon poignet, je saurai y puiser la force et l’énergie nécessaire en cas de défaillance ou de doutes.

 

La joyeuse bande de tri se retrouve donc le soir, autour d’un apéro briefing pour poser les dernières questions, se rassurer, et être au top pour le lendemain.

On sait déjà que les conditions météo ne vont pas être super car il est annoncé du mistral. A 22h15, après la traditionnelle pasta, le ventre bien rebondi et tout ragaillardis, un ultime regard sur le bulletin météo nous met dans un état de transe. Alerte vigilance orange, avis de vent en rafale violent sur toute la région. Et qui plus est, sur la page Facebook de l’organisation on nous dit qu’on pourra exceptionnellement ajouter des affaires chaudes dans notre sac vélo. Ils veulent nous faire flipper ou quoi ? Le mieux à faire est de se déconnecter vraiment et d’essayer de trouver un sommeil serein

Le tri appartient à ceux qui se lèvent tôt, en effet debout 4h45 le temps que la digestion du gatosport puisse opérer pour prendre le départ à 7h40. Départ qui se fait par vagues en fonction du niveau du temps natation qu’on s’autoévalue. Enfin quand je dis natation…Je reçois un message qui me dit natation annulée. Bien sûr je crois à une vilaine blague envoyée pour me faire stresser. Mais une fois sur place, cette joke se confirme : on voit rapidement une queue d’athlètes ébahis, abasourdis et un peu triste attendant de récupérer leurs sacs vélo pour se préparer à un départ en contre la montre. C’est confirmé on ne nagera pas ! L’eau est trop froide, les températures avec le vent crée un ressenti hivernal. Certains d’enroulent dans des couvertures. Ce n’est plus un parc à vélo mais un camp de « réfugiés » un peu perdus. Il va falloir donc se remobiliser et surtout se reconcentrer.

 

 

Tous les athlètes se couvrent pour affronter les bourrasques de vent et le froid, du coup on me conseille aussi de mettre une veste manches longues. Mais euh moi j’ai toujours très chaud, et surtout là en vélo dans les grimpettes je pense que je vais être en surchauffe.
En effet, comme quoi je me connais bien et je vous conseille à mon tour de vous écouter vous-même. Chacun est différent et nul mieux que vous vous connaissez les réactions de votre corps. Pour la prochaine fois, partir en trifonction. Vous savez j’envisage de faire le Norseman, il faut mieux pour cette course ne pas craindre trop d’avoir un ressenti de froid.
D’ailleurs, sur le coup, je suis en colère contre l’annulation de la natation car pour ma part j’aurai pu gérer. Mais avec le recul je peux comprendre quez chacun est différent et que cela aurait pu générer des accidents pour certains. Mais néanmoins quand il y a canicule et que certains ont un corps qui réagi mieux que d’autres annule t-on pour autant ? Je suis donc mitigée et très partagée, d’autant que nous avons une combinaison qui nous protège et pour les plus frileux à la sortie de l’eau il y a moyen de s’essuyer et d’enfiler des vêtements secs et chauds. Je trouve que cette décision n’est pas forcément équitable. Et la communication sur les raisons précises est à mon sens un peu floue et aurait mérité davantage de clarté.

C’était mon billet de mauvaise humeur sur ce triathlon qui rejoint ma grande déception de ne pas avoir fait un half en entier.

 

 

Toutefois, comme je le disais place est faite à la re concentration pour réussir le parcours vélo et l’enchaînement course à pied. De toute manière c’est l’occasion de faire une bonne sortie vélo enchaînée course à pied. Un peu plus qu'un entraînement quand même ! Je vais essayer d'appuyer sur les pédales.

 

 

J’ai pris beaucoup de plaisir sur ce parcours, c’est sans doute une des plus belles ballades que j’ai pu faire en course, très riche de part la diversité des paysages traversés.

 

Et le fameux col tant redouté s’est monté facilement par étape. J’ai fait des cols en montagne bien pires. Il a fallu plus composer et faire front à ces bourrasques de mistral voulant nous plaquer vers le sol, nous titillant souvent de côté mais aussi de face, Dans cette lutte acharnée avec cet élément, j’ai gagné…Gagné quoi ? Le droit de continuer et de courir.

 

L’arrivée sur Aix est magique, on entend au loin la musique, la foule et on devine l’accueil chaleureux qui va nous être réservé. En effet, le retour parmi les vivants comme si on revenait d’une longue expédition dans le désert redonne une énergie folle.

Les ailes poussent et…retombent car le parcours est quand même cassant. Ce qui est génial ce sont les ravitos tous les 2,5km de quoi se requinquer et tous ces supporters nous encourageant, notamment au passage de la Rotonde, c’est l’arc de triomphe à la romaine. Une fois, deux fois et la troisième fois la délivrance et le passage sous l’arche, foulées accélérées, souffle court, bras levés, larmes de joie, chacun exprime son bonheur.

 

Ensuite vient le temps du partage, les retrouvailles aves les amis, la famille et la bonne bière de rigueur !

 

Vous l’aurez compris une course c’est pour soi un défi mais c’est en pensant aux autres que l’on y parvient le mieux !

 

 

NB : N’oubliez pas de vous procurer vous aussi le bracelet du Point Rose et de vous rendre sur le site http://lepointrose.org/ pour tout connaître des projets de cette fabuleuse aventure. Encore merci à Nathalie Paoli, Carla-marie et à toutes les mamans qui par amour se dépassent, clin d’œil à ma maman chérie.

Marie, Micka et moi tous finishers !
Miss Frogita alias Isabelle arborant sa belle médaille ! Bravo !
Mon IRON FAN : en mode supporter-camping ! Bravo mon chéri !

Comment me  joindre

 

Delphine JOUTEL
delphine.joutel@ohmytri.fr
Téléphone : 06 12 69 57 57

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